Prothèse totale du genou

Pourquoi ai-je de l’arthrose au genou ?

L’arthrose du genou ou gonarthrose, correspond à une usure des surfaces articulaires, avec destruction progressive du cartilage. Il s’agit d’un phénomène complexe avec une origine mécanique et inflammatoire (Fig 1).

Cela entraîne du fait de frottements anormaux, des douleurs, des gonflements et des raideurs du genou. La diminution de la capacité à marcher associée à une boiterie entraveront progressivement votre qualité de vie.

La majorité des arthroses du genou sont dites primitives mais peuvent être lié à d’autres facteurs comme :

  • Le surpoids,
  • Les déformations osseuses de naissance : Genu varum (jambes arquées en dedans) ou Genu valgum (jambes en dehors) (Fig2),
  • Les entorses graves comme la rupture ancienne du ligament croisé antérieur qui provoque des mouvements anormaux usant le genou,
  • Les antécédents de fractures articulaires.
Fig 1 : arthrose du genou (ou gonarthrose)
Fig 1 : arthrose du genou (ou gonarthrose)
Fig 2 : déformations osseuses en «varum » ou « valgum »
Fig 2 : déformations osseuses en «varum » ou « valgum »

Quel bilan doit-on réaliser ?

Il est basé sur l’histoire racontée par le patient et l’examen clinique au cabinet.

L’examen d’imagerie primordial pour faire le diagnostic est la radiographie. Celle-ci se fait debout, en appui, ce qui nous donne une bonne indication de ce qui se passe à la marche. Elle révèle un pincement articulaire, témoignage de la disparition du cartilage (Fig 3).

L’arthrose peut toucher un des 3 compartiments articulaires du genou : le compartiment interne ou externe qui se situe entre le fémur et le tibia, le compartiment fémoro-patellaire qui se situe entre le fémur et la rotule. Elle peut être plus évoluée touchant 2 voir 3 compartiments.

Les IRM, Arthro-scanner ne sont indiqués qu’en seconde intention.

Le risque majeur en ce qui concerne les prothèses est représenté par les infections. Il est donc important de faire un bilan rigoureux pour éliminer et traiter tous les problèmes d’infection urinaire ou dentaire. Si des infiltrations ont été pratiquées récemment il est logique de différer l’opération de plusieurs mois.

Une prise de sang, un bilan cardiologique et la consultation d’un médecin anesthésiste de la clinique seront réalisés avant l’intervention.

Fig 3 : radiographie d’une arthrose de genou (gonarthrose)

Quels sont les traitements ?

Traitement médical

Dans un premier temps, l’arthrose justifie une prise en charge médicale avec :

  • des règles hygiéno diététiques :
    • activités physiques adaptées : éviter les marches dans les périodes les plus douloureuses;
    • la canne (en la tenant du côté opposé au genou le plus atteint);
    • le contrôle du poids ;
  • les traitements médicamenteux: le paracétamol est utilisé en première intention et, s’il n’est pas efficace, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;
  • la rééducation avec établissement d’un programme personnalisé avec un kinésithérapeute et poursuivie ensuite par le patient seul à domicile. Elle permet de préserver la mobilité de l’articulation et de conserver la musculature ;
  • des infiltrations de corticoïdes/ d’acide hyaluronique qui agissent sur la douleur peuvent être réalisées au cabinet ;
  • des injections de PRP (cf injections de PRP)

Si le traitement médical ne permet plus de soulager les douleurs, une intervention chirurgicale peut être discutée.

Traitement chirurgical

L’arthroscopie avec nettoyage articulaire avec injection de PRP peut être proposée en début d’évolution surtout en cas de lésion méniscale associée restant douloureuse.

Si les radiographies montrent une usure complète et si la gêne dans la vie courante est certaine et permanente, le chirurgien peut être amené à discuter soit une ostéotomie (cf ostéotomie), soit dans la majorité des cas une prothèse du genou.

Pourquoi mettre une prothèse ?

Il n’existe aucun moyen chirurgical de réparer ou de remplacer le cartilage disparu.

Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer les surfaces articulaires usées du genou par un implant artificiel reproduisant plus ou moins les surfaces articulaires et permettant les mouvements naturels dans les 3 plans de l’espace.

Le but de cette intervention est de retrouver un genou moins douloureux, moins déformé, ne limitant pas les déplacements et les activités quotidiennes.

Il existe 2 types de prothèses du genou pour remplacer les compartiments du genou usés :

  • La prothèse totale du genou, la plus fréquemment posée, en cas d’usure de 2 ou 3 compartiments du genou.
  • La prothèse uni compartimentale (cf prothèse uni compartimentale), en cas d’usure d’un seul compartiment(Fig4).
Fig 4 : Prothèse totale du genou (gauche) vs Prothèse unicompartimentale (droite)
Fig 4 : Prothèse totale du genou (gauche) vs Prothèse unicompartimentale (droite)

Comment se passe l’intervention ?

L’intervention peut être réalisée sous anesthésie générale ou sous rachianesthésie. Elle dure environ 1h30 (Fig 5). L’incision est centrée sur le genou.

L’objectif de la prothèse totale du genou est d’obtenir un genou axé (aligné), mobile, avec une laxité (« jeu » de la prothèse) le plus proche de l’anatomie du patient.

La pièce, l’implant fémoral est en acier inoxydable, il s’emboite sur l’extrémité inférieure du fémur. Il s’appuie sur l’implant tibial posé sur le tibia. Lui aussi est métallique avec l’interposition d’une épaisseur de « plastique » (insert) qui permet le glissement des 2 surfaces lorsque le genou se plie. Dans la plupart des cas il y a aussi un implant « plastique » au niveau de la rotule permettant le glissement contre la pièce fémorale.

La mise en place de la prothèse nécessite une résection osseuse d’environ 10mm et la fixation à l’os se fait grâce à un ciment biologique qui durcit en se polymérisant.

Les douleurs post opératoires sont minimisées par une infiltration dans l’articulation du genou en fin d’intervention selon des protocoles de récupération rapide après chirurgie (RAAC).

Fig 5 : intervention de prothèse totale de genou
Fig 5 : intervention de prothèse totale de genou

Et après ?

Les chirurgiens de l’équipe UCORS sont très impliqués dans les protocoles de Récupération Améliorée Après Chirurgie (RAAC). Cela comprend un parcours d’information des patients, des techniques de chirurgie mini invasive et d’anesthésies locales, des protocoles de rééducation rapide après chirurgie dans notre service dédié.

Le patient pourra être mis au fauteuil et levé, avec le kinésithérapeute du service, le soir même de l’intervention . La douche sera prise le lendemain puis la marche avec cannes dans le couloir.

La durée de séjour en clinique est réduite : la sortie s’effectue habituellement entre le 2ème et 5ème jour post opératoire. Dans la majorité des cas, le retour se fait à domicile, permettant un retour plus rapide aux activités.

Des séances d’aide à la marche avec un kinésithérapeute vous seront prescrites à domicile pendant ces premières semaines. Les cannes seront lâchées à volonté selon votre aisance à la marche.

La mise en place d’une prothèse de genou nécessite une participation importante du patient pour récupérer une bonne mobilité articulaire, synonyme de bon résultat. La rééducation se fera chez un kinésithérapeute, mais le genou devra être travaillé personnellement de façon pluri quotidienne en flexion, extension et contraction musculaire.

À 3 mois post-opératoire la marche sur terrain plat type marche nordique et le golf pourront être repris selon la récupération. Secondairement, les activités physiques, comme le tennis, le ski, évitant les chocs et l’accroupissement pourront être repris après accord de votre chirurgien.