Instabilité de rotule

Pourquoi ma rotule me gêne ?

Il existe deux grands tableaux de problèmes rotuliens :

L’instabilité rotulienne (ou instabilité fémoro patellaire) :

Votre rotule peut se déboiter, « se luxer » lors d’un épisode traumatique, ou lors d’un accident sportif par exemple. Une réduction spontanée survient le plus souvent lors de la mise en extension de la jambe. Parfois une réduction sous anesthésie est nécessaire. Une immobilisation par une attelle est mise en place. Il existe très souvent des facteurs de risques objectivés (ci-dessous) par les examens complémentaires qui ont favorisé cette « instabilité »

Le syndrome fémoro patellaire :

La rotule peut également présenter une « instabilité » sans traumatisme. Il s’agit de multiples symptômes rapportés par les patients : douleurs en position assise, déboîtement du genou, insécurité dans les escaliers. Il n’existe pas en général d’anomalies morphologiques objectivées.

Fig 1 : Luxation de la rotule vers l’extérieur du genou
Fig 1 : Luxation de la rotule vers l’extérieur du genou

Quels sont les facteurs prédisposant de cette instabilité rotulienne ?

  • La dysplasie de trochlée : le fémur qui reçoit la rotule est insuffisamment creusé favorisant le déboitement de la rotule (Fig 2)
  • Une bascule de la rotule
  • Une augmentation de la hauteur de la rotule : la rotule a du mal à s’engager dans le fémur.
  • Un décalage trop important entre l’insertion du tendon rotulien sur le tibia et la trochlée fémorale (appelé TA-GT)
  • Une dysplasie de la rotule
  • Un morphotype en valgus (jambe en X)
  • Un déficit musculaire du quadriceps
  • Des troubles de torsions axiales du squelette du membre inférieur
Fig 2 : Dysplasie de la trochlée du fémur : a / trochlée normale (suffisamment creusée) b/ dysplasie avec trochlée « plate » c/ trochlée convexe
Fig 2 : Dysplasie de la trochlée du fémur : a / trochlée normale (suffisamment creusée) b/ dysplasie avec trochlée « plate » c/ trochlée convexe

Quel bilan doit-on réaliser ?

Un bilan clinique et un examen d’imagerie complet sera réalisé avec clichés de radiographie standard simple dans un premier temps.
L’ arthroscanner, avec mesure de la TAGT et des mesures torsionnelles du membre inférieur (Fig 3), un IRM, pourront être proposé secondairement si une chirurgie doit être envisagé.

Fig 3 : mesure de la TAGT (mesure du décalage entre l’insertion du tendon rotulien sur le tibia et la trochlée fémorale) au scanner
Fig 3 : mesure de la TAGT (mesure du décalage entre l’insertion du tendon rotulien sur le tibia et la trochlée fémorale) au scanner

Quel traitement proposer ?

Le syndrome fémoro-patellaire ne doit pas être opéré. Le traitement est basé sur la rééducation avec le renfort du muscle vaste interne (quadriceps) mais aussi des étirements de différentes chaines musculaire qui donne d’excellents résultats à condition d’être patient et régulier.

En cas d’instabilité rotulienne avec des résultats d’imagerie confirmant des anomalies morphologiques avérées, un geste chirurgical peut être nécessaire.

En fonction des anomalies retrouvées il est proposé :

Les modalités sont aussi nombreuses que les causes ayant entrainées cette instabilité. Le traitement chirurgical est adapté en fonction de chaque patient.

  • Une ostéotomie de la tubérosité tibiale permettant de corriger le « décalage » ou l’excès de hauteur de la rotule en déplaçant la partie haute du tibia où s’insère le tendon rotulien. La fixation est assurée par deux vis solides (Fig 4).
  • Une reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (ou MPFL en anglais). On utilise un tendon ischio jambier du patient de la cuisse pour corriger la bascule et reconstruire ce ligament qui a été lésé lors de luxation de la rotule (Fig 5)
  • Une trochléoplastie : creusement de la « gouttière » dans laquelle s’engage la rotule. Cela permet de baisser les pressions sur le cartilage et de guider la rotule.
  • Une correction des troubles torsionnels : dérotation du squelette jambier et/ou fémorale, ostéotomie de valgisation tibiale /varisation fémorale.
Fig 4 : Ostéotomie de la tubérosité tibiale
Fig 4 : Ostéotomie de la tubérosité tibiale
Fig 5 : Reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL)
Fig 5 : Reconstruction du ligament fémoro-patellaire médial (MPFL)

Et après ?

L’hospitalisation se fait en ambulatoire à la journée. L’appui sur le membre opéré est autorisée dès le lendemain de l’intervention avec des béquilles et le port d’une attelle 3 semaines. La rééducation commence immédiatement, la flexion sera limitée les 3 premières semaines. La conduites sera reprise à la 6ème semaine.

Pour la reprise du sport :

  • 6ème semaine : vie quotidienne reprise avec marche sans restriction.
  • 3 à 6 mois : reprise progressive du vélo d’appartement, la natation en battement de jambes (crawl) et la course, faible distance, sur terrain non accidenté.
  • 6 mois : reprise des sports en ligne (course, vélo, natation) sans restriction.
  • 9 mois : reprise de l’entraînement sportif intensif et des sports de pivot dès que la condition physique est bonne.

Pour la reprise du travail :

Elle est variable en fonction du métier. Pour un travail sédentaire (télétravail possible), 1 semaine d’arrêt peut être suffisant. Entre 6 semaines et 3 mois, pour un travail physique au quotidien.