Qu’est-ce que c’est :
L’arthrose de cheville est une maladie articulaire chronique qui correspond à la dégradation progressive du cartilage de l’articulation entre le tibia, le péroné et le talus. Elle est plus rare que l’arthrose du genou ou de la hanche, mais elle touche souvent des personnes plus jeunes.
Dans la majorité des cas, elle est secondaire à un traumatisme, comme une fracture ou une entorse grave mal soignée. On parle alors d’arthrose post-traumatique. Plus rarement, elle peut être liée à des maladies inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde.
La destruction du cartilage entraîne un frottement anormal des os entre eux. Cela provoque des douleurs mécaniques, surtout à la marche ou en station debout prolongée. La cheville peut devenir raide et perdre en mobilité. Des gonflements et une sensation d’instabilité peuvent également apparaître. Avec le temps, l’articulation peut se déformer
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et des radiographies. Les images montrent un pincement de l’espace articulaire et parfois des excroissances osseuses appelées ostéophytes qui participent aux douleurs et à l’enraidissement articulaire.
Quel est le traitement ?
Le traitement débute généralement par des mesures non chirurgicales. Il comprend le repos relatif, la perte de poids si nécessaire et la kinésithérapie. Le port d’orthèses ou de semelles peut aider à soulager la pression sur l’articulation. Des antalgiques ou des anti-inflammatoires peuvent être prescrits contre la douleur. Une prise en charge précoce permet de ralentir l’évolution et d’améliorer la qualité de vie.
Des infiltrations intra-articulaires peuvent aussi être proposées notamment des injections de corticoïde ou une visco-supplémentation (injection d’acide hyaluronique).
Si la douleur devient invalidante, une solution chirurgicale peut être envisagée. Les options incluent l’arthrodèse (blocage de l’articulation) ou la prothèse totale de cheville. Ces interventions nécessitent une courte hospitalisation d’une nuit et s’effectue le plus souvent sous anesthésie générale avec une durée d’intervention d’environ 1h.
Les deux options de traitement sont :
- L’Arthrodèse est privilégiée chez les patients jeunes ou en cas de raideur très importante de l’articulation. Cette intervention s’effectue classiquement via une cicatrice à l’avant de la cheville mais peut aussi s’effectuer sous arthroscopie via des mini cicatrices de moins de 1cm permettant ainsi de limiter les risques cicatriciels. Une décharge du membre opéré est nécessaire pour 6 semaines afin de permettre un début de fusion de l’arthrodèse ce qui nécessite l’utilisation de cannes anglaises pendant cette période.
- La prothèse totale de cheville est une solution plus récente. Elle vise à remplacer le cartilage malade par une interface prothétique afin de préserver la mobilité articulaire. Elle est plutôt indiquée en cas de cheville arthrosique douloureuse mais restant souple et chez des patients plus âgés en raison du risque d’usure et de descellement de la prothèse. La remise en charge est plus rapide qu’avec une arthrodèse avec un appui possible dès le lendemain de l’intervention sous couvert d’une botte de marche.



