Quels sont ces tendons ?
La coiffe des rotateurs correspond à 4 tendons « qui coiffent » la tête de l’humérus et s’attachent dessus : le supra épineux, l’infra épineux, le sub scapulaire et le petit rond (Fig1). Ils permettent de bouger l’épaule dans toutes les directions.
Quels types de lésions peut-on avoir ?
Il existe deux types de rupture des tendons de la coiffe des rotateurs :
Les ruptures partielles (Fig2)
Une partie des fibres du tendon sont déchirées. Si plus de 50% de l’épaisseur est atteinte, le tendon peut être à risque de rupture.

Les ruptures transfixiantes (Fig 3)
Il s’agit d’une désinsertion complète de son attache sur l’humérus. Elle peut être due à une usure naturelle du tendon ou à un traumatisme.

Quel est le traitement ?
Pour confirmer le diagnostic et pour adapter au mieux le traitement, il est nécessaire de réaliser des examens complémentaires (radiographies, échographie, IRM, arthro-scanner), si ceux-ci n’ont pas été prescrit.
Dans un premier temps, il est recommandé d’initier un traitement médical (antalgiques, anti-inflammatoires, kinésithérapie, infiltrations) avant d’envisager une chirurgie. Toutefois, en cas de rupture traumatique, ou lors d’une chute par exemple, il est préférable de prendre un avis chirurgical rapidement.
Réparation arthroscopique de la coiffe des rotateurs
Lorsque le traitement médical ne permet pas d’obtenir une amélioration satisfaisante et que la rupture reste réparable, une intervention chirurgicale peut être proposée. La réparation est envisageable lorsque le tendon n’est pas trop rétracté et que la lésion n’est pas trop étendue.
En cas d’échec du traitement médical et si la rupture est réparable, c’est-à-dire si elle n’est pas trop étendue ou trop rétractée, alors le chirurgien réalisera une réparation arthroscopique de la coiffe.
L’intervention se fait maintenant sous anesthésie loco régionale : le médecin anesthésiste réalise un « bloc » qui permet d’anesthésier le membre supérieur pour limiter les douleurs post opératoires.
Elle est faite sous arthroscopie. Le chirurgien fait des petites incisons (environ 1 cm) autour de l’épaule pour passer une caméra et les instruments (Fig 4).
Le chirurgien va passer des fils à travers les tendons rompus (Fig 5) et va les fixer sur l’os avec des ancres résorbables (Fig 6). Associée à la réparation de la coiffe, l’acromioplastie et la ténotomie/ténodèse de la longue portion du biceps peuvent être réalisé (voir article « acromioplastie »).
Le Dr Xavier CLEMENT , chirurgien orthopédiste spécialisé en chirurgie de l’épaule à Saint-Nazaire a développé des techniques d’arthroscopie mini-invasive de l’épaule permettant de limiter les agressions tissulaires. Ces techniques sont réalisées sans utilisation d’arthropompe, dispositif destiné à distendre artificiellement l’articulation. Cette approche vise à réduire les douleurs post-opératoires, l’épaule étant moins « gonflé » sous pression, à améliorer le confort du patient et à limiter certaines complications, notamment l’algodystrophie.
Publications :
https://www.sofarthro.com/media/arthroscopie-depaule-pompe-si-moins-etait-plus



Fig 5 : rupture transfixiante de la coiffe, il existe un « trou » avec le tendon qui est détaché de l’os


Fig 6 : passage des fils à travers les tendons rompus. En fin d’intervention le tendon est réappliqué sur l’os
Quels sont les suites opératoires ?
L’opération sont faites en ambulatoire : le patient rentre le soir même à la maison.
Une attelle d’épaule (Fig 7), sera à conserver sur un temps court entre 24 h et 15 jours en fonction de votre cas. L’objectif est de mobilsier immédiatement l’épaule. Une ordonnance avec un traitement anti douleur vous sera prescrit avant l’opération.
La rééducation commence dès le soir de l’opération avec des mouvements pendulaires (comme un « pendule ») associés à une mobilisation passive libre immédiate. Il faudra poursuivre les séances d’auto-rééducation une fois retourné à domicile puis réeducation, jusqu’à obtenir une épaule souple et indolente. Le port de charges lourdes est limité jusqu’au 3ème mois.
Le délai pour récupérer une bonne épaule est long, variable selon les patients, mais d’environ 6 mois ce qui correspond aux délais de la cicatrisation tendineuse.
Les fiches d’informations que nous vous proposons expliquent une partie des opérations les plus fréquemment réalisées. L’état de santé de chaque patient est particulier et tous les cas individuels ne peuvent être répertoriés.

Fig 7 : attelle d’épaule

