Fractures et Tassements Vertébraux

Le tassement vertébral (ou fracture vertébrale) correspond à l’affaissement du corps d’une vertèbre. Il peut survenir après un traumatisme violent chez un sujet jeune, mais il est le plus souvent la conséquence d’une fragilité osseuse liée à l’ostéoporose : un simple faux mouvement, une chute de sa hauteur ou le port d’une charge suffisent alors à provoquer la fracture.

La prise en charge répond à trois objectifs : soulager rapidement la douleur, éviter l’aggravation de la déformation et traiter la cause de la fragilité osseuse.

1. Les différentes situations

  • La fracture ostéoporotique : La plus fréquente, après 60 ans. Elle survient pour un traumatisme minime, voire spontanément. Elle impose systématiquement un bilan d’ostéoporose.
  • La fracture traumatique : Après une chute d’une certaine hauteur, un accident de la voie publique ou un accident de sport. L’analyse porte alors sur la stabilité de la fracture.
  • La fracture pathologique : Plus rare, elle survient sur une vertèbre fragilisée par une lésion tumorale ou infectieuse. Une biopsie peut être réalisée dans le même temps que le traitement.

2. Symptômes et diagnostic

Le tableau est souvent brutal et très évocateur :

  • Une douleur aiguë du dos en « coup de poignard », déclenchée par le passage de la position couchée à la position assise ou debout.
  • Une douleur en ceinture : L’irradiation suit le trajet de la côte ou de la paroi abdominale correspondant à l’étage fracturé.
  • Une perte de taille et une cyphose : Le dos se voûte progressivement lorsque plusieurs vertèbres sont tassées.
  • Des signes neurologiques : Plus rares, ils traduisent un recul de la vertèbre dans le canal et imposent une prise en charge urgente.

Le diagnostic repose sur les radiographies, le scanner (qui analyse la stabilité et le mur postérieur) et l’IRM.

3. Le traitement orthopédique : le corset

C’est le traitement de référence des fractures stables, sans compression nerveuse et sans atteinte du mur postérieur.

Le principe

  • Immobiliser pour consolider : Le corset maintient la colonne en position corrigée et décharge la vertèbre fracturée le temps de la consolidation osseuse.
  • Un corset adapté à chaque patient : Selon l’étage et le type de fracture, il s’agit d’un corset thermoformé sur mesure ou d’un corset trois points préfabriqué, mis en place dès les premiers jours.
  • Une durée moyenne de 6 à 12 semaines : Le corset est porté en position debout et assise, et retiré la nuit. Le sevrage est progressif.

La surveillance

Des radiographies debout sont réalisées à intervalles réguliers pour vérifier que le tassement ne s’aggrave pas sous corset. En cas d’aggravation de la déformation ou de douleurs persistantes, une cimentoplastie peut être proposée secondairement.

Les limites

Le corset est parfois mal toléré, en particulier chez les patients âgés : gêne respiratoire, difficultés à l’habillage, perte d’autonomie et fonte musculaire liée à l’immobilisation. Ces éléments font partie de la discussion thérapeutique.

4. Le traitement chirurgical : la cimentoplastie

La cimentoplastie (vertébroplastie ou cyphoplastie) est une intervention mini-invasive qui consiste à consolider la vertèbre fracturée en y injectant un ciment biologique. Elle est proposée en cas de douleur intense et persistante, d’échec ou d’intolérance au corset, ou d’aggravation du tassement.

Le déroulement de l’intervention

  • Un geste percutané : Par une incision de quelques millimètres, un trocart est introduit dans la vertèbre sous contrôle radiologique permanent. Aucune ouverture des muscles du dos n’est nécessaire.
  • La vertébroplastie : Le ciment est injecté directement dans le corps vertébral pour le stabiliser.
  • Une intervention courte : Elle dure environ trente minutes par vertèbre, sous anesthésie générale, et se pratique le plus souvent en ambulatoire ou avec une nuit d’hospitalisation.

Le bénéfice attendu

L’effet antalgique est habituellement rapide, dans les vingt-quatre à quarante-huit heures. Le lever est autorisé le jour même et le port du corset devient le plus souvent inutile, ce qui permet un retour rapide à l’autonomie.

En cas de fracture instable

Lorsque la fracture est instable ou comprime les structures nerveuses, la cimentoplastie ne suffit pas. Une ostéosynthèse est alors réalisée : des vis et des tiges, posées par voie percutanée mini-invasive, stabilisent les vertèbres situées au-dessus et en dessous de la fracture, éventuellement associées à une décompression nerveuse.

5. Une injection sous contrôle permanent

Le risque principal de la cimentoplastie est la fuite de ciment en dehors de la vertèbre. Notre plateau technique est entièrement dédié à sa prévention :

  • Amplificateur 3D Ziehm : Il nous permet d’obtenir un véritable scanner de votre colonne sur la table d’opération, avant et après l’injection, pour valider immédiatement la répartition du ciment.
  • Neuronavigation Medtronic S8 : Ce GPS chirurgical guide le trajet du trocart au millimètre près, y compris dans les vertèbres déformées ou déminéralisées où les repères anatomiques habituels sont difficiles à identifier.

5. Une injection sous contrôle permanent

Le risque principal de la cimentoplastie est la fuite de ciment en dehors de la vertèbre. Notre plateau technique est entièrement dédié à sa prévention :

  • Amplificateur 3D Ziehm : Il nous permet d’obtenir un véritable scanner de votre colonne sur la table d’opération, avant et après l’injection, pour valider immédiatement la répartition du ciment.
  • Neuronavigation Medtronic S8 : Ce GPS chirurgical guide le trajet du trocart au millimètre près, y compris dans les vertèbres déformées ou déminéralisées où les repères anatomiques habituels sont difficiles à identifier.

6. Traiter la fracture, mais aussi sa cause

Une fracture vertébrale de fragilité multiplie le risque de survenue d’une nouvelle fracture. Un bilan et un traitement de l’ostéoporose sont donc systématiquement organisés :

  • Une densitométrie osseuse et un bilan biologique (calcium, vitamine D).
  • Un traitement anti-ostéoporotique adapté, en lien avec votre médecin traitant ou votre rhumatologue.
  • Une reprise progressive de l’activité physique et un travail de renforcement musculaire et d’équilibre pour prévenir les chutes.

7. Questions Fréquentes (FAQ)

  • Le ciment tient-il définitivement ? Oui. Le ciment durcit en quelques minutes et reste stable dans le temps. Il ne s’use pas et ne nécessite aucun remplacement.
  • Peut-on cimenter une fracture ancienne ? Non. Le bénéfice de la cimentoplastie est démontré sur les fractures récentes, encore en cours de consolidation. C’est tout l’intérêt de l’IRM avant de décider.
  • Faut-il porter le corset après une cimentoplastie ? Le plus souvent, non, ou seulement quelques jours pour le confort. La vertèbre est stabilisée par le ciment lui-même.
  • Je suis très âgé, puis-je être opéré ? L’âge n’est pas une contre-indication. La cimentoplastie est justement souvent proposée chez les patients fragiles, car elle évite l’immobilisation prolongée et ses complications.
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